24.11.2005
Newsletter 2
Bonjour a tous,
Tout d’abord, je remercie tout ceux qui m’envoie de leur nouvelle, cela me fait bien plaisir de pouvoir vous lire, d’avoir de vos nouvelles de vous et de la France. A mon tour de vous donnez quelques nouvelles …
Deuxieme mois de ma mission, deja … le temps passe bien vite surtout lorsqu’il est bien occupe… vous aviez compris dans ma premiere lettre que le rythme de travail ne permettait pas de s’ennuyer, ce mois d’ocobre a ete, en plus, marque par une grand reflexion, je m’explique :
ma presence et mon implication dans l’orphelinat m’ont permis de constater que certes les enfants etaient difficiles mais qu’il y avait des raisons a cela. Les principaux problemes proviennent de l’organisation et de la direction de l’orphelinat. En effet, le manque de volontaires ne permet pas de faire fonctionner la maison correctement, ainsi certains problemes ne sont pas regles. La sante des enfants n’est pas idealement suivie : problemes de mauvaise alimentation par exemple mais surtout troubles psychologiques parfois graves et la encore non suivis (les enfants ont subi des agressions souvent tres dures au sein de leur famille et parfois meme au sein de l’orphelinat). La discipline n’est pas forcement suivie par le comite (le comite est l’organe dirigeant de l’orphelinat, en l’occurrence, seule la secretaire est vraiment active, trop presente, en fait, mal presente…) ce qui fait que nos initiatives aupres des enfants sont parfois vaines. Les volontaires francais jusqu’avant mon arrivee s’occupaient de toute l’organisation de l’orphelinat et ils le faisaient seuls, rythme difficile certes mais organisation franco-francaise : organisee, droite, prevue, anticipee … evidemment, cette situation n’etait pas durable car il n’est pas logique qu’un orphelinat soit tenu par des etrangers et que les dirigeants locaux se reposent sur des jeunes venus donner de leur temps donc devoues sans limites. Ainsi, du staff local a ete embauche, c’est alors que l’on se confronte au choc des cultures et aux points de vue divergeants, aux facons de faire opposees ! En fait on a l’impression que pour le staff local, il s’agit d’un travail, ils font donc le strict minimum pour les enfants. A cela s’ajoute les belles paroles de la secretaire de l’association qui a de belles idees concernant la tenue de l’orphelinat et le suivi des enfants mais veut batir alors que les fondations ne sont pas stables, elle ne commence pas par les difficultes les plus evidentes. D’autre part, ma mission, comme je l’avais deja precise, etait censee etre de l’animation or il n’en etait rien et rien a change pendant ce deuxieme mois. Officiellement, il s’agit d’une mauvaise communication ou incomprehension quant au poste, en realite, cela arrangeait le comite que des volontaires francais viennent subvenir a leurs manquements. Enfin, le fait d’etre loge dans l’orphelinat ne permettait pas d’avoir son independence, de temps pour reflechir ou pour tout simplement faire un break.
Je ne m’etend pas plus, je pourrais ecrire des pages sur les raisons qui m’ont pousse a renoncer, a dire « non c"est trop », a partir et non pas fuir. L’autre volontaire francaise, Aurore, et moi avons parle au comite et expose nos points de vue, la conclusion logique a ete le depart. Cela nous avait ete demande egalement par les MEP (l’association qui m’envoie) car cette mission en particulier ne correspond pas a ce que les MEP veulent que l’on vive a l’etranger car nous sommes censes egalement faire une decouverte de l’Eglise locale par des rencontres par ex. ce que je n’avais pas le temps de faire. En prenant cette decision, j’ai voulu faire reagir le comite afin qu’il prenne ses responsabilites, soit plus actif, prenne les bonnes decisions, evidemment, on peut toujours se dire qu’il aurait mieux valu rester avec les enfants mais avec quel projet a moyen terme, les aide t-on en restant dans ces conditions ? Telle a ete ma reflexion.
Cela m’a permis de decouvrir que l’on pouvait dire non sans que cela soit une fuite, que cela valait mieux parfois et que cela soulage (je crois, en l’occurrence, que la presence des volontaires francais en tant que gestionnaires de la maison n’est pas mauvaise mais n’est pas bonne non plus pour les enfants car a chaque depart des volontaires c’est un dechirement, un nouvel abandon parfois, pour les enfants). Cette experience n’a pas ete facile, cette decision n’a pas ete agreable a prendre car malgre tout des liens se tissaient avec les enfants mais par contre, cette experience m’a permis d’apprendre beaucoup sur les reglements des conflits en Asie. Je ne voudrais pas prendre cet exemple pour, par analogie, pretendre connaitre desormais la maniere de regler les conflits en Asie mais cela semble coherent avec ce que j’avais entendu. Lorsque j’ai expose au comite mon point de vue sur la situation, je pensais que le conflit eclaterait. En France, cela se serait passe comme cela, chacun aurait clairement expose son point de vue, aseez directement. Et bien la, pas du tout, le comite ecoutait passivement, ne reagissait pas et nous ne connaissons toujours pas le fond de leur pensee, nous preferent-ils sorti de cette misson ?. Bien sur, on sentait de la tension mais jamais un mot plus haut que l’autre n’a ete echange. On ne nous a jamais dit : « Dehors ! », au contraire, on tourne beaucoup autour du pot pour faire comprendre les choses sans les dire directement. Enfin, cela m’a montre qu’en Asie personne ne se mouillait vraiment, ces difficultes, ces problemes au sein de l’orphelinat d’autres personnes les partageaient, c’est seulement lorsque l’on a expose nos difficultes a d’autres personnes connaissant l’orphelinat que les langues se sont deliees …
C’est donc fin octobre que j’ai quitte Rumah Ozanam, en bon terme donc ! Je retourne de temps a autre a l’orphelinat pour voir les enfants et participer a certaines activites avec eux.
J’ai eu la chance de rencontrer une personne tres active au sein de l’Eglise en Malaisie. Cette personne est responsable du bureau national pour le developpement humain, divers projets sont rattaches a ce bureau (refugies, femmes isolees, enfants …), de tres beaux projets dont vraisemblablement personne d’autres ne veut s’occuper (pas le gouvernement en tout cas).
Cette personne nous a propose (a Aurore et a moi) de nous impliquer dans un centre pour enfants autistes. Ce centre a ouvert il y a 3 ans pour accueillir quelques familles demunies face au probleme qui touchait leur enfant. Desormais, 5 jours par semaine, ces enfants viennent a ce centre et aprennent les choses essentielles de la vie (lire, compter, se debrouiller seul, vivre ensemble ...). Je me rend donc tous les jours a KL ce qui me permet de profiter des joies des heures de points dans le metro mais rassurez-vous, on n’est pas en France : c’est climatise et, en plus, les malaisiens, tres disciplines, preferent rester sur le quai plutot que de pousser pour monter dans la rame. C’est une grande joie d’aider ces enfants qui en ont tant besoin. C’est aussi interessant de les aider simplement, sans penser a atteindre des objectifs trop ambitieux, simplement etre avec eux meme si leur apprentissage est tres lent, ne pas penser au rendement, prendre son temps au milieu d’eux, tout cela etant assez eloigne de notre culture et en tout cas de mon quotidien en France ... Il faut accomplir cette mission simplement, sans se poser trop de questions, c’est le don gratuit. Les personnes s’occupant de ce centre sont ou bien des parents ou bien du personnel embauche qui est tres competent et qui desormais connait bien l’autisme, ceci permet de se sentir en confiance et d’apprendre egalement sur les enfants autistes.
Les joies :
Rencontre des aborigenes : J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer un groupe d’aborigenes. Concretement, il s’agit de plusieurs familles qui vivent plus ou moins en autarcie dans leur village. Bien qu’il existe dans la partie indonesienne de la Malaisie (puisque deux etats malais sont sur l’ile de Borneo) des aborigenes tels qu’on les imagine (tenue vestimentaire par ex.), ceux la auraient pu se confondre avec le reste de la population malaisienne. C’etait tres interessant de pouvoir partager un moment avec eux, surtout avec leur chef qui etait tres vieux et etait tres accueillant et avec les enfants qui temoignaient d’une grande joie de vivre.
Les bons moments passes avec les enfants apres l’annonce de mon depart : l’annonce de mon depart m’a surement detendu ainsi que les enfants. Je n’etais plus le pere fouettard c’est alors que j’ai pu partager plus de sourires ou de rires, des echanges plus amicaux avec les enfants.
L’accueil : non je me tairai, je ne dirai rien sur les quelques uns qui profitent des etrangers, de ceux qui ne parlent pas leur langue ou de ceux qu’ils pensent etre riches donc essaient de les arnaquer :c’est bon d’etre etranger ! Non je n’en parlerai pas car l’accueil que nous reserve ceux que nous cotoyons au quotidien est genereux. Ils ont le sourire et font tout pour nous faire decouvrir leur pays. Je dois avoir 3 ou 4 propositions pour passer Noel.
Une preuve de l’hospitalite des malaisiens : la fete indienne de Deepavali tout comme celle d’Hari Raya (la fin du ramadan) sont des fetes au cours desquelles chacun ouvre sa maison aux autres (les « open house »). Nous nous sommes retrouves chez des gens que nous ne connaissions pas directement et avons mange chez eux, cela fait parti de la fete.
Les peines :
Les evenements en France : la presse relate tres regulierement ces tristes evenements, je ne sais pas bien comment c ‘est percu en France mais vu d’ici cela semble tres inquietant.
Les decouvertes :
Malacca et Singapour : pour ne pas alourdir cette lettre, deja bien longue, je vais ecrire ces decouvertes sur mon blog : http://missionenmalaisie.blogs-de-voyage.fr/
Vous pouvez egalement voir quelques photos en tapant l’adresse suivante :
http://fr.pg.photos.yahoo.com/ph/nicotav/album?.dir=/5f5b&.src=ph&.tok=phtKMxDBX4efoqd4
Le sport :
Quel est le sport national en Malaisie ? comme partout, le football est apprecie mais ce n’est pas Le Sport N.1, le cricket est reste dans la culture malgre le depart des anglais mais sans plus. Non definitivement, le sport national, est la nourriture, les foodstalls, ces endroits ou s’installent de petits marchands de differents mets de differentes origines. Ce sport est simple, pas de regle precise, on mange quand on veut, aucun horaire n’est recommande et toutes les occasions sont bonnes pour pratiquer : reunion, rencontre impromptue, besoin primaire. On mange sucre ou sale en meme temps ou pas. Aucun equipement n’est obligatoire, la nature nous a pourvu de 10 doigts… Les equipes : la Chine a droite, l’Inde a gauche et la Malaisie au centre, un point commun entre les equipes, l’epice, le gras et les calories. Il faut que je me renseigne pour savoir si les reunions de travail sont egalement sportives !
Suite de la decouverte de l’Eglise en Malaisie :
Apres deux mois passes en Malaisie, j’en connais davantage sur l’Eglise.
Les messes sont tres vivantes, on est plus proche des messes americaines que des messes gregoriennes, c’est a dire que c’est plus style batteries, guitares, dernier tube a la mode que la maitrise de la cathedrale de Metz accompagnee a l’orgue !
Pour les messes, mieux vaut arriver en avance pour avoir une place, d’ailleurs toutes les eglises placent des chaises a l’exterieur, certaines retransmettent la messe a l’exterieur. Cela n’est pas forcement du au nombre de catholiques croissant mais plus au fait que le nombre de paroissiens par eglise est tres eleve, donc il n’y a pas assez d’eglises ? oui mais etant en pays musulman, on ne construit pas une eglise aussi facilement qu’en Europe. La derniere eglise consacree, l’a ete en septembre dernier … mais apres 10 ans de negociations, tractations, tracas administratifs et le terrain trouve et autorise est … au milieu d’une zone industrielle.
J’ai eu la chance de rencontrer certains des Peres MEP presents en Malaisie. Ils ont passe toute leur vie ici, (45 ans, 50 ans, 48 ans). Il est tres interessant de les entendre parler de l’Eglise en Malaisie ou en Asie. Lors de mon court sejour a Singapour, j’etais loge chez un Pere MEP. Nous avons beaucoup parle avec lui de l’evolution de Singapour, de sa situation, de l’Eglise et nous avons pu comparer cela a la Malaisie. Les gens ici ont beaucoup de respect pour les pretres francais des MEP et l’on comprend aisement ce qu’ils ont pu apporter a la population tout au long de leur sacerdoce.
En Malaisie, les communutes paroissiales sont divisees en BEC (Basic Eclesial Community : communaute de base), le territoire de la paroisse est divise en blocs (il y a dans les grandes villes des subdivisions geographiques, en quelque sorte des arrondissements : des blocs), un bloc correspond a un BEC. C’est au sein de ces BEC qu’un certain nombre d’activites se deroulent. J’ai pu participer certains jours du mois d’octobre au chapelet qui se deroulait chez differentes personnes faisant partie du meme BEC que moi (mes voisins donc). Cela a ete l’occasion d’echanges et de rencontres avec des familles, des gens de tous les ages.
Enfin, la personne dont je parle plus haut en disant qu’elle est tres active au sein de l’Eglise est Brother Rogers, c’est un frere de La Salle. C’est lui qui nous a egalement trouve notre logement pres de la maison provinciale des Freres de La Salle. En fait, il s’agit de l’ancienne maison des freres reconvertie en maison d’accueil et salle de reunion. C’est donc l’occasion de rencontrer regulierement des freres ou des soeurs de differentes communautes. Cela est interessant et permet de reelement sentir l’universalite de l’Eglise.
Voila pour les dernieres nouvelles, je vous espere en pleine forme, pas trop refroidi… je pense bien a vous tous, merci encore pour vos messages ou lettres.
J’essaie de repondre a chacun, pardonnez moi pour mes eventuels oublis.
Je vous dis a bientot pour une 3 eme newsletter.
Amicalement
Nicolas
09:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
nico,
je parle de toi sur mon blog !
vive les ardennes
Ecrit par : Alex | 26.11.2005
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