03.07.2006
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Newsletter 4
Bonjour a tous,
J’espère que vous allez tous bien en ce début d’année, je vous remercie pour vos cartes ou e-mails a l’occasion de la nouvelle année. Cela fait un certain temps que je n’ai pas envoyé de newsletter alors qu’il s’est passé de nombreuses choses mais il est vrai que le temps passe bien vite, déjà 5 mois depuis mon départ. Trouvant cela un peu court, j’ai demande a poursuivre ma mission, en fait cela me permettra de terminer le trimestre au centre pour enfants autistes (jusqu’au 15/03) puis j’aurai un mois pour voyager car je trouvais dommage de ne pas en profiter pour découvrir les pays voisins de la Malaisie. Je serai donc de retour en France autour du 15/04.
Depuis ma dernière newsletter, il y a eu Noël et quelques jours passés à Sarawak , la reprise au centre pour enfants autistes et la poursuite de mes activités diverses et variées et découverte de la culture locale grâce aux personnes que je rencontre.
Les fêtes de fin d’année sont bien fêtées ici, en fait ils ne ratent pas une occasion de faire la fête et pour ça ils sont servis vu le mélange culturel, et tout le monde en profite quelque soit sa religion. Ainsi, se sont succédées depuis début novembre Deepavali (fête indou) suivi juste après par Hari Raya (fin du ramadan), Noël, Nouvel an chinois et enfin Thaipusam (10/02, fête indou).
Tout d’abord, parlons de mes vacances à Sarawak...
Autant dire que c’est un autre pays tant les différences sont importantes avec la Malaisie péninsulaire. Je suis parti avec 2 amis (Etienne et Thierry) durant 10 jours. Nous avons eu l’occasion de vivre la fête de Noël la bas, ce qui a été formidable car vraiment dépaysant. Dépaysant car cet état est plus sauvage que ce que je connais de la Malaisie péninsulaire (en particulier que KL qui a de nombreux points communs avec une métropole occidentale) car les habitants de Sarawak sont simples et chaleureux et enfin dépaysant par les différences culturelles. Peut-être, peut-on dire que cet état est davantage préserve que la Malaisie péninsulaire.
Nous avons pu découvrir Kuching qui est le chef lieu de l’état de Sarawak (500 000 habitants). Cette ville au bord d’une rivière est paisible, assez touristique et considérée comme une des plus belle ville d’Asie du Sud Est . Comme les grosses villes en Malaisie, ce sont plutôt des villes de passage pour les touristes qui préfèrent découvrir la nature ou s’adonner aux plaisirs divers et varies des complexes hôteliers.
En effet, dans l’état de Sarawak il y a de nombreux parcs nationaux dans lesquels on peut découvrir la faune et la flore, les joies de la randonnée en pleine jungle… c’est d’ailleurs une des premières différences avec la Malaisie péninsulaire : la nature est préservée !
Les habitants de Sarawak sont bien différents de la péninsule et tiennent à préserver leur identité. Il y a peu d’indiens ou de chinois mais essentiellement des aborigènes . Ils sont majoritairement catholiques, raison pour laquelle la Malaisie péninsulaire souhaite vraiment marquer la différence…
Le prêtre de Sarawak qui nous accueillait a beaucoup insiste sur les différences avec la péninsule en disant que Sarawak était plus petit, plus pauvre, moins développe comme si Sarawak souffrait d’un complexe d’infériorité. En fait, c’est une manière de se différencier de la péninsule d’autant que cette dernière fait tout pour créer un fosse.
Apres la visite de cette ville nous avons eu l’occasion de découvrir plusieurs villages dans lesquels on sent bien l’empreinte culturelle (son enracinement et sa préservation). Puis, nous sommes allés dans une petite ville (Bau) essentiellement commerciale car c’est la que s’approvisionnent les villageois. Nous avons passe Noël dans cette ville, la population étant essentiellement catholique, l’Eglise était comble et la diversité culturelle a fait que la messe de Noël a été celebree en anglais, malais et bidayuh (dialecte local). Enfin, le jour de Noël Etienne, le Père Thierry et moi, accompagnes par le prêtre local, sommes allés visiter des familles. En effet, c’est la tradition ici de célébrer les fêtes en ouvrant sa maison . Ces open houses sont l’occasion de rentrer en contact avec les populations locales selon la méthode la plus simple, la meilleure ? en tout cas typiquement malaisienne : en mangeant ! Nous avons, le jour de Noël, visite 18 maisons ! Cela a commence vers 11 h du matin pour se terminer vers 23 h. Autant dire que l'on est content que ça se termine, non pas que les visites sont ennuyeuses mais quand on sait qu’il n’est pas bien perçu de refuser ce que l’on nous propose a manger ou a boire (beaucoup de riz et pour Noël, beaucoup de bières…) on sent vite le quota dépasse… en tout cas cela a permis de rencontrer de nombreuses familles et de pouvoir échanger avec eux malgré leur surprise et leur timidité a l’égard de ces blancs.
Nous avons eu l’occasion ensuite de nous baigner dans la mer , faire de la randonnée dans la jungle qui nous aura valu quelques piqûres de sangsues…
En somme, une dizaine de jours de découvertes, de rencontres et de repos.
La reprise au centre s’est passée dans de bonnes conditions, il faut dire que nous avions passe une bonne partie des vacances de décembre a préparer la rentrée, le programme, l’emploi du temps. Néanmoins, la préparation n’est jamais optimale et jamais suffisante, il a donc été nécessaire de réaliser quelques ajustements… ce qui est surprenant c’est la manière dont les choses sont dites lorsque quelque chose ne convient pas a vos collègues ou a votre responsable. Je l’avais déjà évoque mais ça se confirme, on ne dit pas les choses directement mais il faut percevoir les signes de désaccord … on s’y fait mais c’est dur ! Le pire c’est quand nous, européens, avons une remarque a leur faire car on a vraiment du mal a ne pas être direct …
Aurore et moi sommes responsables de tous les exercices physiques au centre : stretching, football, danse et musique, marche dans la nature… c’est très intéressant d’avoir une responsabilité c’est comme cela que l’on apprend sur l’organisation du centre et sur l’autisme. C’est aussi comme cela que l’on peut plus facilement rentrer en relation avec les enfants. Les professeurs et la responsable sont assez intéresses par nos remarques et nos idées car nous avons un regard neuf et critique . Je sens seulement maintenant que les enfants m’écoutent plus et que ce que je fais a une utilité, hélas c’est déjà la fin…
Par ailleurs, je continue a revoir les enfants de Rumah Ozanam , j’y passe de temps en temps, je pense que les enfants aiment avoir des visites, cela les sort de leur routine en tout cas cela me fait bien plaisir de les revoir. J’ai été invite en décembre à la fête de Noël et à la Award Night. La Award Night, c’est la remise des prix pour les enfants , ils étaient très fiers de recevoir un prix en tout cas de voir qu’une soirée était organisée avec des invites, tout cela rien que pour eux… Cela leur a donne l’occasion de préparer chanson, sketchs, danses : certains ont des talents inexploités ce qui est fort dommage.
A propose de la religion musulmane :
Quelques faits ou exemples permettent de percevoir la place de cette religion dans la société . Le dernier exemple en date concerne le décès d’un homme, un indien, le couple est hindou. Lors du décès du mari, les autorités musulmanes confisquent le corps de cet homme en disant qu’il s’était converti à l’Islam et que, à ce titre, il doit être enterre selon le rite musulman. La femme n’en savait rien et d’ailleurs comment le savoir … toujours est-il que l’épouse n’a pas pu disposer du corps de son mari et d’une partie de l’héritage d’ailleurs qui doit revenir aux musulmans… évidemment il y a eu des protestations, le premier ministre a officiellement dit que c’était anormal, qu’il fallait changer les choses, il a donc demande au tribunal non pas civil mais musulman (la Sharia) de se prononcer . La Sharia dira que, comme l’homme s’était converti il était normal que son enterrement suive le rite musulman : on tourne en rond ?
En effet, on peut se convertir à l’Islam, par contre une fois converti, il est impossible de faire marche arrière , les musulmans sont donc en nombre croissants en Malaisie ! Il existe de nombreux avantages a être musulmans : quota de logements moins chers réserves, taux d’intérêt avantageux dans les banques, places dans les universités …
Je reconnais que ces propos peuvent choquer, j’étais moi même étonne de les entendre, ces situations sont véridiques, j’essaie de les transcrire sans ironie afin que chacun puisse se faire son propre jugement.
La question est de savoir comment les autres groupes ethniques (indiens et chinois en particulier) font pour vivre dans un tel contexte... pour l’instant chacun semble y trouver son compte.
Thaipusam est une fête hindoue dédiée à l’un des dieux, je ne pourrai pas vous en dire beaucoup plus mais mon propos n’est pas de vous faire un cours de religion hindouiste mais de vous faire partager une expérience ! Tout près de KL, il y a un lieu de pèlerinage hindou nomme Batu Caves . Une fois par an, un grand nombre de personnes convergent dans ce lieu afin de rendre grâce à ce Dieu. Ils viennent par dizaine de milliers sur 3 jours la nuit comme le jour. Ils viennent prier et donner des offrandes au temple du Dieu en question situe dans la grotte, elle même située quelques centaines de mettre au dessus du sol, il faut donc grimper de nombreuses marches. Certains ayant reçu une grâce particulière au cours de l’année vont faire une démarche particulière pour remercier, ceux la portent des citrons ou des oranges ou tout autre objet d’offrandes accroches a leur peau voire des piercings qui leur traversent les joues voire la langue. Pour supporter cela, ils sont en transe ce qui leur donne également un comportement un peu surprenant, impressionnant en tout cas. Cette célébration est très haute en couleur et surprenante d’autant que l’on ne saisit pas tout de cette démarche, c’est le rendez vous de nombreux touristes d’ailleurs . Certains hommes se font raser la tête et la moustache en signe de purification et on leur peint le crâne d’une sorte de peinture jaune. Il y a de nombreuses attractions parallèlement au pèlerinage (coiffeur, divers objets hindous et bien sur de nombreux stands de nourritures…)
Le Nouvel an chinois est fête pendant 15 jours. Quelles sont les caractéristiques : ça commence par des décorations rouges (lanternes, guirlandes), dans les magasins s’amoncellent des cartons d’oranges puis on se met a distribuer partout et a tout le monde les fameuses oranges ou mandarines que l’on ne trouve que pour Chinese New Year. Puis il y a la tradition des Am Pow , de la danse du tigre ou du dragon et enfin on entend des pétards de partout.
Suite de la découverte de l’Eglise catholique locale :
Sarawak
Les fêtes de Noël passées a Sarawak m’ont donne l’occasion de découvrir cette Eglise, vous l’avez compris, fort différente de celle de la péninsule car les catholiques y sont majoritaires. Le fait d’avoir visite de nombreuses familles et en compagnie de plusieurs prêtres locaux m’a permis d’etre plonge dans la vie de cette Eglise. L’organisation y est intéressante et devrait nous faire réfléchir : comme il n’y a pas assez de prêtres et que les villages sont nombreux et parfois isoles, les paroisses sont donc immenses. Il y a donc pour une paroisse une église principale ou réside les prêtres de la paroisse, dans chacun des villages il y a une chapelle ou une église (les out stations). Dans la paroisse de Bau il y a 110 out stations… les 3 prêtres qui se partagent cette paroisse passent la semaine a circuler d’un village a un autre pour célébrer la messe du dimanche précèdent. Les paroissiens se rassemblent le dimanche sans prêtres, sans que cela ne pose de problèmes… un leader et une équipe s’occupent de la préparation. Les prêtres ne sont généralement pas présents pour les enterrements et les mariages sont célèbres en communs pour un ou plusieurs villages. Ce que l’on peut dire c’est que les paroissiens ne s’en plaignent pas et sont très impliques.
De façon anecdotique, nous avons eu l’occasion de jouer au badminton, le lundi avec quelques prêtres ainsi que l’évêque de Kuching (le diocèse ou l’on résidait) : on n’a pas eu besoin de le laisser gagner : il ne faut pas oublier que le badminton est le sport national en Malaisie.
L’agionarmento :
En 1966, le texte du concile Vatican II a été promulgue. En Malaisie, a cette époque, l’Eglise n’était pas encore organisée comme maintenant, ainsi l’Eglise a essaye d’appliquer le texte . Tous les dix ans, l’Eglise se rassemble afin de réaliser une mise à jour (agionarmento) de l’application du texte. Ils font un bilan des 10 dernières années et fixent les objectifs pour les 10 prochaines années. L’agionarmento a donc lieu cette année, (en ce moment même), la particularité est que tous les prêtres sont absents pendant 2 semaines (2 week ends). Plus d’une centaine de prêtres ainsi que tous les évêques sont absents y compris les week ends, il a été demande aux laïcs de se rassembler et de s’organiser pour le rassemblement dominical. Il est donc intéressant de vivre cela car d’une part, ce n’est pas courant de vivre une absence volontaire de prêtres et d’autre part, il est intéressant de voir comment les laïcs prennent en charge la liturgie.
Voici donc pour les grands moments de ces dernières semaines. J’espère que cette lettre vous trouvera en grande forme et que vous aurez tenu bon jusqu’a ce paragraphe …en tout cas je vous souhaite pleins de bonnes choses a chacun d’entre vous, je pense bien a vous, je vous redonne l’adresse de mon blog : http://missionenmalaisie.blog.expedia.fr/
Voici un lien pour un album photo : http://fr.pg.photos.yahoo.com/ph/nicotav/album?.dir=/97c4&.src=ph&.tok=phlnwaEBfJJ6KQGX
Adresse postale :
Nicolas Tavernier
La Salle Hall - Jalan 5/15B - 46000 Petaling Jaya - Malaysia
Amicalement,
Nicolas
Volontaire MEP
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03.02.2006
Newsletter 3
Bonjour a tous,
Une nouvelle newsletter qui je l’espère vous trouvera en pleine forme en cette période d’avent.
Le troisième mois de ma mission s’est achevé, les découvertes sont tellement nombreuses que je ne vois pas le temps passer.
Tout est plus stable désormais dans cette nouvelle mission, je me sens plus a ma place. Le rythme me permet de faire des rencontres, d’avoir du temps pour moi, de revoir les enfants de Rumah Ozanam.
Quelques mots sur le centre pour enfants autistes : le centre est ferme en décembre car ce sont les vacances mais j’y suis allé tout de même pour préparer le programme de l’annee prochaine. C’est impressionnant de voir le devouement de certains parents et leur engagement pour leur enfant. Certains parents rencontrent parfois des difficultes avec leur enfant mais ils sont tres forts et s’entraident, c’est aussi un des objectifs du centre. J’apprends pas mal sur l’autisme qui est une maladie complexe et tres engageante dans l’aide aux enfants.
Les enfants du centre sont tres attachants malgre les difficultes pour communiquer, on sent que ces enfants ont besoin d’aide et recherchent l’attention et en meme temps sont comme les autres enfants : betises, comportement … ce qui est quelque part reconfortant.
Nous avons tous experimente cela lors d’un voyage a l’etranger ou d’une immersion dans un environnement different du sien mais les decouvertes que nous pouvons faire, les partages (d’idee, de culture) que nous pouvons vivre sont souvent juges en reference a une culture qui nous est propre (notre jugement personnel, nos references personnelles). La difficulte est de se decentrer, certes de donner ses idees mais sans les considerer comme La reference. Ainsi, certaines situations, certains constats, ce qui m’ettone, m’interpelle, ce que j’aurais envie de critiquer, j’essaie desormais de ne pas les juger et de ne pas utiliser mes yeux d’occidentaux mais plutot d’envisager les raisons qui poussent telle personne a agir de la sorte, j’essaie d’envisager le fait qu’il puisse exister une autre facon de penser ou de voir les choses. Evidemment, cela n’est pas evident !
Il est egalement difficile de prendre un recul suffisant par rapport aux questions que l’on peut me poser sur la France ou les francais, difficile de ne pas considerer mon point de vue comme reponse intangible a leur question. Il est important de donner son point de vue mais il faut egalement penser a ce que va retenir celui ou celle qui n’a pas les memes references, pas le meme environnement ou la meme culture. D’autant que les sujets sont souvent delicats. Les sujets a la mode : pourquoi y a t-il eu des emeutes en France, d’ou viennent les problemes de l’immigration, pourquoi les francais ne parlent-ils que le francais, la place de l’islam en France… Il convient donc de rester suffisamment general pour ne pas presenter des idees deja biaisees par son propre jugement.
Au sujet de l’islam et plus particulirement du voile, ici toutes les femmes musulmanes le portent mais j’ai ete tres etonne de lire dans la presse a la page courrier des lecteurs pendant plusieurs jours une joutte epistolaire a ce sujet. On aurait pu imaginer que tous etaient d’accord sur le port du voile, et bien non … comme quoi les debats qui font fureur en France sont egalement des sujets tendus en Malaisie. Evidemment, la question etait inverse a celle debattue en France : la question etait sur l’obligation de porter le voile et en particulier a l’universite. Les lecteurs n’etaient pas tous d’accord sur cette obligation argumentant sur la liberte personnelle, obligation religieuse … tout cela me rappelle quelquechose !
Dans le meme ordre d’idee… j’en profite pour repondre a une question interessante qui m’a ete posee par e-mail concernant l’influence des Etats Unis en Malaisie, on peut, en effet, se demander quelle est l ‘influence sur l’Asie en general et sur un pays en plein developpement en particulier ayant lui meme subi la colonisation. Et bien, je crois que la reponse ne sera pas extraordinaire (je tiens a preciser, en reference a ce que je disais plus haut qu’il s’agit de ma propre reponse a moi ! peut etre que d’autres auraient un autre avis, une autre facon de voir les choses mais puisque l’on me pose la question j’y repond …). L’influence historique est europenne : anglaise, hollandaise, portuguaise mais il est vrai que economiquement, l’influence des USA existe. Je dis economiquement car c’est sur ce point de vue que l’on s’en rend mieux compte, en circulant dans les malls (centres commerciaux) on voit des boutiques de marques americaines, la societe de consommation dans toute sa splendeur. Mais finalement, ce n’est pas tant une influence americaine qu’europenne ou que mondiale. En fait, l’economie mondiale a su saisir tres vite l’attrait economique d’un pays en plein developpement (d’ou les fameux ecarts de niveau de vie constate dans KL par ex.).
D’un point de vue culturel, on ne peut pas dire que l’on ressente une relle influence americaine meme si les chanteurs ou groupes americains peuvent faire fureur, on reste en Asie et ils savent preserver leur culture.
Sans transition…
Mon nouveau logement a Petaling Jaya est tenu par une dame tres devouee qui est responsable de cette maison d’accueil depuis une vingtaine d’annee. Evidemment, elle est tres connue dans le quartier. Deux francais dans sa maison, ca ne lui etait jamais arrive, du coup elle est tres fiere de nous presenter a ses copines, un joyeux groupe de vamps a l’asiatique ! La distraction favorite de Mariama (c’est son nom) est de nous emmener chez ses amis du foodstall d’a cote (un foodstall est un petit restaurant de quartier), les serveurs nous connaissent bien desormais, il faut dire que leurs questions sont inepuisables, enfin cela me permet d’apprendre des anecdotes, des choses sur la Malaisie, sur leur culture, leur caracter : la curiosite par exemple ! Ca me permet aussi de decouvrir la cuisine indienne : des pains de differentes sortes (en fait galettes de riz ou de ble plutot fines) que l’on trempe dans des carrys epices (legumes, poulet ou poisson) aggrementes eventuellement d’un morceau de poulet ou de mouton. Je vous fait grace et des noms et des autres recettes realisees a base de ces memes galettes. En tout cas, c’est delicieux et je ne sais pas si c’est diethetique mais ca me fait maigrir !
Je ne vous parlerai pas de la nourriture chinoise qui est delicieuse mais je n’y comprend rien ni aux noms, ni aux subtilites de cuissons, d’ingredients : pour moi une nouille c’est une nouille, du riz c’est du riz et une soupe c’est une soupe en fait, il parait que c’est plus complique, du coup on commande pour moi !
Puisque l’on est sur le registre alimentaire, j’aurais envie de vous raconter le diner francais. Ben oui meme a l’autre bout du monde, on a bien le droit de vouloir retrouver ses origines… en l’occurrence il s’agissait de concocter un diner francais pour les enfants de Rumah Ozanam, la responsable nous ayant demande de faire cela pour les enfants. Ca a deja ete un casse tete pour trouver le menu qui rentrerait dans le budget, ca a ete une aventure de trouver les bons produits au juste prix : merci Carrefour, enfin, ca a ete une aventure voire une performance de cuisiner pour 40. Finalement, les enfants en Asie ils aiment bien le riz … ils le preferent d’ailleurs aux quiches, gratin dauphinois ou autres ratatouilles on aurait du y penser : le riz au beurre c’est bon aussi et c’est francais. Heureusement, les crepes etaient la pour mettre tout le monde d’accord.
Les enfants avaient deja eu l’occasion de gouter la cuisine francaise car un restaurateur francais de KL avait invite tout l’orphelinat en septembre pour un grand repas francais, c’etait une grande joie pour nous et un desenchantement pour les enfants de ne pas trouver de riz a table !
J’ai eu l’occasion de decouvrir un lieu ou se vit quelquechose de tres beau : Batu Arang. Batu Arang est un village entoure de forets (ou plutot de jungles), tres paisible, serein situe a quelques km de KL. C’est la qu’est installee la Welcome Community Home. C’est dans ce lieu que sont les autres volontaires francais (Julia, Marion, Marc et Francois). Les differentes maisons (il y en a 5 en tout) accueillent des refugies (souvent birmans), des malades en convalesence, des malades atteints du SIDA et dont personne d’autres ne peut s’occuper ou bien parcequ’ils n’ont pas d’argent et pas de famille ou bien parcequ’ils sont illegaux, refugies politiques. Ces personnes sont accueillies dans ce lieu qui est plein d’esperance grace a l’attention, a l’amour et au reconfort que leur apportent toutes les personnes devouees et engagees. Les patients gardent le sourire malgre toutes les difficultes qui peuvent les accabler et qu’ils ont pu vivre. Lors de la journee mondiale contre le SIDA, je me suis rendu a Batu Arang car on faisait memoire de tous les patients decedes ces dernieres annees, une journee d’information etait organisee pour celebrer ce jour la et expliquer le projet de cette Welcome Community Home, ses projets, son avenir et faire un point sur le SIDA dans le monde.
La welcome Community Home est un beau projet qui montre que des personnes peuvent prendre le relais d’un gouvernement et d’un pays qui, occupe a son developpenement economique, laisse de cote les plus pauvres.
Suite de la decouverte de l’Eglise locale :
Mon changement de logement a eu pour consequence un changement de paroisse. Ca n’a pas ete un grand deracinement car le rythme a Rumah Ozanam ne me permettait pas d’avoir de liens particuliers avec des paroissiens ni de participer aux activites proposees par mon ancienne paroisse. Ma nouvelle paroisse est St Francois Xavier, c’est une paroisse dynamique qui propose de nombreuses activites en particulier pour les jeunes. J’ai ete tres bien accueilli lors d’une veillee de priere et l’on m’a propose de participer a divers groupes. C’est la periode de Noel, on m’a donc propose de chanter dans une chorale qui chante des chants de Noel en se deplacant dans des familles ou des lieux publics (une facon d’evangeliser). Il y a deux repetitions par semaine et nous chanterons durant 6 jours avant Noel chez des personnes selectionnees a l’avance. C’est l’occasion d’apprendre en anglais les chants de noel que je ne connaissais qu’en francais, c’est aussi l’occasion de rencontrer de nombreux jeunes (car ce groupe depend des activites jeunes de la paroisse) qui sont curieux de voir 2 jeunes francais dans leur groupe. Ils sont tous tres accueillants et j’apprend beaucoup sur leur maniere de voir les choses, leur eglise, leur vie.
En octobre, il y a eu les premieres communions de 111 enfants (rien que ca …) dont un enfant de Rumah Ozanam (Sylvester). Cela montre le dynamisme et la jeunesse de cette Eglise meme s’il faut toujours avoir en tete le fait que le nombre d’eglises et de pretres par milliers d’habitants est plus faible qu’en France. Le nombre de cathecumenes baptises chaque annee peut etre, en fonction de la paroisse, de plusieurs dizaines…
Pour ce qui concerne les francais, nous avons mis en place une rencontre des volontaires francais MEP presents en malaisie. Nous nous rencontrons une fois apr mois autour du Pere Bretaudeau (seul pretre MEP de Malaisie encore en activite car il faut savoir que desormais le gouvernement malais ne delivre plus de visas de travail a des pretres etrangers, les plus jeunes pretres MEP ont donc autour de 80 ans). Cette rencontre entre francais est tres importante et permet d’echanger sur cette experience que nous vivons a la lumiere de ce qu’a pu vivre ce pretre qui a vecu plus longtemps en Malaisie que dans son pays d’origine.
Enfin, j’ai decouvert recemment la communaute catholique francaise de Kuala Lumpur. Les francais de KL sont 1500, la communaute catholique accueille une centaine de paroissiens qui se reunissent toutes les deux semaines pour une messe et participent a de nombreuses activites ou groupes paroissiaux. Cela est important d’avoir un endroit ou se retrouver et vivre sa foi a l’etranger, on constate que des personnes un peu eloignees de la foi en France se retrouvent dans cette communaute, il faut dire que la communaute est menee par une main de maitre en la personne d’Etienne, volontaire francais a mi-temps a l’orphelinat de Rumah Ozanam et a mi-temps avec la communaute francaise.
Comme est en decembre (meme si je n’ai pas vraiment l’impression que Noel est dans 15 jours du fait du climat et du fait que Noel n’est pas plus fete que les autres fetes religieuses musulmanes ou indous, ce qui nous rapelle d’ailleurs que Noel est bien une fete religieuse…), j’en profite pour vous souhaiter une tres bonne fete de Noel, de la joie et du bonheur dans vos familles. Je vous souhaite egalement une tres bonne annee 2006 qu’elle vous apporte sante, joie, esperance et qu’elle vous permette de vous accomplir dans vos projets personnels et professionnels.
Merci a tous ceux qui me donnent de leur nouvelle, cela est toujours plaisant de vous lire. Je suis desole pour le cote impersonnel de ces lettres mais c’est plus commode que d’ecrire a chacun d’entre vous… meme si, vous le savez, je repond a tous les mails que je recois !
Je vous communique, a nouveau, l’adresse de mon blog : http://missionenmalaisie.blogs-de-voyage.fr/
et mon adresse postale (pour ceux qui voudraient tester l’efficacite de la poste malaisienne) :
Nicolas TAVERNIER
La Salle Hall
Jalan 5 / 15 B
46 000 Petaling Jaya
Selangor
Malaysia
Je pense bien a chacun d’entre vous et je vous dis a bientot pour la prochaine newsletter.
Amicalement,
Nicolas
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